Plaquette de Saison 2018-2019
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créations

le cid

que de maux et de pleurs nous coà»teront nos pères !

L’histoire est connue : Rodrigue et Chimène sont amoureux. Les deux pères se disputent et Rodrigue tue celui de Chimène pour venger l’honneur du sien. La belle réclame au Roi la tête de son amoureux. Rodrigue transgresse l’ordre militaire et revient couvert de gloire, nanti du titre de « Cid  ». Sa victoire sur les Maures oblige son roi au pardon mais ne change rien àla détermination de Chimène. Toute l’action du Cid est sous-tendue par un puissant conflit moral, le célèbre dilemme cornélien qui fait s’affronter dans l’esprit de Rodrigue et Chimène, deux valeurs majeures : l’honneur et l’amour. En tuant le Comte, Rodrigue franchit d’un coup la barrière de l’âge adulte sans devenir insensible pour autant. Car même s’il est grisé par son statut de héros, on le sent troublé par cette mort qu’il a semée. C’est un jeune homme vrai, humain, pétri de doutes et d’hésitations. Et par là, finalement, vraiment héroïque. Corneille, lui, a choisi la grâce plutôt que la force.

Le Cid, c’est d’abord une lutte de générations et l’histoire de deux jeunes gens face aux héritages, aux lois sociales, aux codes familiaux, face àleur histoire. Comment ne pas évacuer les contraintes de l’âge baroque et la convention inhérente ? Car si l’on meurt en coulisses, c’est pour qu’aient lieu les récits de ces combats. Et si l’alexandrin est un corset, une armure plutôt, c’est pour mieux garantir la posture héroïque qui fait foin de la psychologie mais définit durablement un code de l’honneur qui pourrait s’appeler aujourd’hui la loyauté ou le courage. S’il faut éviter d’être coincé entre le respect béat et la subversion bébête, il faut décoller de la tradition, la revivifier, pour, ensuite, retrouver la narration. L’exaltation de la fête dans ce qu’elle a d’essentiel, la bravoure àl’état brut, le courage naturel, cela aussi, c’est le chant profond des Espagnes que crie l’alexandrin. Les alexandrins cornéliens sont un sport circassien où l’émotion ne trouve son compte qu’àforce d’abandon. Corneille est un guérillero de l’imagination, toujours ingénieux, souvent génial, parfois gênant. Le théâtre, c’est une larme et un sourire. Avec Le Cid, c’est un torrent de larmes et un rire tonitruant.

Yves Beaunesne

texte Pierre Corneille
mise en scène Yves Beaunesne

distribution
Don Fernand, premier Roi de Castille Julien Roy
Doña Urraque, Infante de Castille Marine Sylf
Don Diègue, père de don Rodrigue Jean-Claude Drouot
Don Gomès, Comte de Gormas, père de Chimène Eric Challier
Don Rodrigue, fils de Don Diègue et amant de Chimène Thomas Condemine
Don Sanche, amoureux de Chimène Antoine Laudet
Don Arias, gentilhomme castillan Maximin Marchand
Chimène, fille de Don Gomès Zoé Schellenberg
Léonor, Gouvernante de l’Infante Eva Hernandez
Elvire, Gouvernante de Chimène Fabienne Lucchetti

dramaturgie Marion Bernède
assistanat àla mise en scène Marie Clavaguera-Pratx et Pauline Buffet scénographie Damien Caille-Perret
lumières Marie-Christine Soma
création musicale Camille Rocailleux
costumes Jean-Daniel Vuillermoz
maquillages Catherine Saint-Sever
stagiaire assistante Clara Farge

production La Comédie Poitou- Charentes – Centre Dramatique National coproductions Le Théâtre d’Angoulême Scène Nationale, Le Théâtre de Liège, Les Théâtres de la Ville de Luxembourg
avec le soutien du Fonds d’Insertion pour Jeunes Artistes Dramatiques, DRAC et Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et du Théâtre 71, Scène Nationale de Malakoff
remerciements au TNP pour son aide àla construction du décor

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