Plaquette de saison 2020-2021
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Actualités

Meilleurs voeux 2021

Bienvenue à Pascale Daniel-Lacombe

Pascale DANIEL-LACOMBE et toute l’équipe du CDN de la COMEDIE POITOU-CHARENTES
vous souhaitent une belle année 2021

(…) La douceur donne de l’espace et enlève leur poids aux ombres. Elle est un verbe : on fait acte de douceur. Elle est une éthique redoutable. Elle ne peut se trahir. Elle ne plie pas, n’accorde aucun délai, aucune excuse. Elle s’accorde au présent et inquiète toutes les possibilités de l’humain. Elle peut modifier toute chose et tout être. C’est la voix que le poète anime et recueille. C’est une part du monde sauvage déposée là, car de l’animalité, elle garde l’instinct, de l’enfance l’énigme, de la prière l’apaisement, de la nature, l’imprévisibilité, de la lumière, la lumière. (…)
Phrases extraites de « Puissance de la douceur » Anne Dufourmantelle.

NOUVELLE DIRECTION ARTISTIQUE

Avec le temps va tout s’en va, mais le temps qui nous fait hospitalité est là où nous sommes : Un présent qui témoigne aujourd’hui de notre très grande vulnérabilité et complique notre confiance en l’avenir, secouée de vents contraires, de l’inquiétude de nos santés, de nos solitudes, de notre vivre-ensemble, de notre manière d’habiter le monde.
Pourtant, nos avenirs, si difficiles à penser ou à prédire, n’attendent pas et s’engagent.
Anne Dufourmantelle, dans la puissance de la douceur, parle de la douceur comme d’une réserve de combat et d’invention, d’un pas de côté comme une résistance à l’oppression, d’une capacité de métamorphose, d’une dynamique qui porte la vie, d’un passage entre la fatalité et la liberté.

Faire l’éloge de la douceur et placer le CDN sous l’étendard de la vulnérabilité du monde, tant ce thème touche tout le monde et tous les aspects de la vie, c’est vouloir lui affirmer sa dimension et sa pratique humaniste. C’est espérer sublimer cette vérité de la condition humaine qu’est la vulnérabilité en une source de création.

La règle du jeu d’un Centre Dramatique National s’en réfère également au temps qui passe, et veut que l’artiste directeur ou directrice ne soit que de passage, porteur d’un projet artistique qui se déploie sur 4 à 10 ans. L’équipe interne assure quant à elle la continuité, embrasse le nouveau projet, libre bien sûr de s’agrandir ou de se modifier selon le cours des choses.
Je veux en premier lieu, dire mon émotion d’avoir été si bien accueillie par cette équipe avec laquelle je vais travailler, ainsi que par Yves Beaunesne, mon prédécesseur, avec qui j’ai échangé ces dernières semaines et dont je trouve encore aujourd’hui un signe amical avec une carte de bienvenue sur ma table de bureau. A noter que l’artiste metteur en scène installe sa compagnie à Poitiers : la compagnie Yves Beaunesne.

Je veux aussi remercier toutes les personnes, artistes, partenaires culturels, tutelles, qui m’ont amené jusqu’à vous, jusqu’à cette direction, ainsi que l’élan porteur de mes proches.

Ces premiers mois de prise de fonction accompagneront la deuxième partie de saison construite par l’ancien directeur, tant que faire se peut, selon les conditions sanitaires. Il s’agira également de mettre ma compagnie le théâtre du Rivage en sommeil. Là encore, la passation, en cette période si troublante et fragile pour le spectacle vivant, prendra le temps de sa réussite et le soin des créations en cours des deux artistes que nous sommes. Et bien sûr, ces six prochains mois prépareront la saison suivante avec un vivier d’artistes qui écriront avec nous ce nouveau volet du CDN.

Nous en reparlerons mais vous dire déjà que c’est dans l’envie d’un théâtre alerte, souple et sensible que je souhaite aller à votre rencontre, dans un appel à mouvement qui sondera et interrogera le monde, qui inventera son récit avec vous, notamment sous l’impulsion des nouvelles générations artistiques et citoyennes comme pivot de tous les âges.

Ouvrir, relier et faire advenir, c’est le cap joyeux que nous nous fixons pour haubaner le CDN, sans lieu de programmation dédié, à son territoire, et lui créer un patrimoine affectif à l’aide des mots présence, alliance, création, proximité et rayonnement.
Avec son agilité, le CDN veut faire force vive de son identité buissonnière, faire une poétique de l’instable et de la persévérance, se façonner une nouvelle musculature pour de nouveaux équilibres, pour une nouvelle liberté de mouvement.

Il y a quelques jours, j’ai quitté St Jean de Luz et j’ai posé mes valises à Poitiers, comme on part à la rencontre, avec enthousiasme et fébrilité. La Nouvelle-Aquitaine, notre région déjà commune est un beau premier repère. Ce grand bouleversement dans ma vie, je l’espère, me fera évoluer dans ma vie d’artiste, et c’est aussi dans une relation aux autres, que je souhaite simple et chaleureuse, et l’envie chevillée au cœur que je travaillerai pour autre que moi-même.

Je suis honorée d’être déjà une deuxième femme dans l’histoire encore si récente du CDN, Claire Lasne-Darcueil lui ayant ouvert la voie en arpentant le territoire avec son chapiteau, avant qu’Yves Beaunesne ne lui fasse passer son statut de Centre Dramatique Régional à National. Et, je suis ravie de m’inscrire dans une ville et dans une communauté urbaine, elles aussi récemment sous l’impulsion de directions féminines.

Malgré les turbulences, je veux croire à notre capacité à être et faire ensemble, à la place essentielle de la culture, à la joie de prendre les risques qui viennent de nos rêves. Dans ce temps que nous traversons, si guérir n’est pas revenir*, je pense au courage de Vera**, jeune personnage d’une création que j’accompagne depuis quelques saisons et qui écrit sur la vitre de son arrêt de bus : « il faut marcher. Marcher de notre pas incertain. Des pas incertains. Ce que nous avons de plus sûr. »


• *Le soin est un humanisme – Cynthia Fleury
• **Maelström – Fabrice Melquiot

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