Plaquette de saison 2017-2018
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créations

- 03 et 04.03.16 Théâtre de Nice, CDN de Nice - 08 et 09.03.16
Maison de la Culture d’Amiens - 15 et 16.03.16
Odyssud, Blagnac ...


L’Annonce faite à Marie

je suis sûre de lui, et je sais qu’il m’aime, et tout est égal entre nous !

Claudel est un de ces cavaliers qui firent, dès le début du xxe siècle, le grand écart sur les côtés de l’échiquier littéraire. Immense voyageur, c’est un écrivain qui est sorti toute sa vie de sa chambre. Il y a chez lui comme une navigation sur une mer démontée. Il a inventé une langue capable de tenir le passé, le présent et le futur ensemble, il a redonné à la langue française des dérapages, du brut, de l’horizon lointain.
Je me rappelle ce professeur qui, à la lecture de Animus et anima de Claudel, nous montrait la chair de poule qui couvrait son avant-bras : « Voilà, disait-il, à quoi on reconnaît le théâtre vital ». Sa parole est la chair et le sang donné aux tigres.

Première pièce de Claudel à être jouée, elle a été amorcée dès 1892 sous le titre La Jeune fille Violaine, puis remaniée en 1911 pour donner L’Annonce faite à Marie.
Au départ, il y a comme un drame domestique autour de la rivalité de deux sœurs : le père soutient Violaine, l’aînée, la mère, Mara, la cadette, qui prend à l’aînée son fiancé. Mais il se passe que Violaine, malgré la déchéance survenue après un baiser donné à un lépreux, prête assistance à sa sœur, et c’est là que tout commence. Poème inspiré par l’enfance orageuse de l’auteur, germé dans la glaise et la tourbe de son Tardenois natal, écrit avec ses tourments charnels autant que mystiques,

L’Annonce faite à Marie est le « drame de la possession d’une âme par le surnaturel ». Claudel n’est jamais franchement dans l’orthodoxie religieuse, son catholicisme est beaucoup plus imbibé de rhum qu’on ne le pense, il y a chez lui quelque chose d’hérétique dans le dialogue de la chair et de la tentation. Et au-delà de la tragédie familiale, il y a, comme dans la tradition hébraïque, le sens caché : Claudel a cherché l’irruption du divin dans l’humain et il l’a trouvée dans l’ébriété divine de Violaine, touchée par la passion du Christ.

Claudel n’est pas un défenseur du « théâtre des symptômes », un théâtre du constat qui fait état surtout de la seule misère humaine, qui reproduit la violence sans un vrai détournement créatif, qui se contente de faire résonner ses doutes sans porter en lui une forme de reconstruction, de résilience. Sans vouloir additionner les raisons ou les non-raisons d’avoir confiance, il pose la confiance comme un postulat : la peur ne doit pas mener les artistes. Les situations sans solution sont résolues par les fous, les enfants et les amoureux comme Claudel.
Il aurait pu faire sienne la devise de Schiller : « Vivez votre siècle, mais ne soyez pas sa créature ».

de Paul Claudel
mise en scène Yves Beaunesne
adaptation et dramaturgie Marion Bernède
scénographie Damien Caille-Perret
lumières Joël Hourbeigt
création musicale Camille Rocailleux
costumes Jean-Daniel Vuillermoz
maquillages /coiffures Catherine Saint-Sever
assistanat à la mise en scène Marie Clavaguera Pratx et Amélie Chalmey
distribution Damien Bigourdan, Judith Chemla, Thomas Condemine, Jean-Claude Drouot, Fabienne Lucchetti, Marine Sylf
aux violoncelles : Myrtille Hertzel Clothilde Lacroix

production Comédie Poitou-Charentes – Centre Dramatique National avec le soutien de la Drac Poitou-Charentes, de la Région Poitou-Charentes et de la Ville de Poitiers
coproducteurs Le Théâtre d’Angoulême, Le Moulin du Roc à Niort
en partenariat avec Les Bouffes du Nord

Spectacle en tournée : retrouver les dates dans l’ agenda

crédits photo : Guy Delahaye

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