Plaquette de saison 2017-2018
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créations

- 02.10.15 et 03.10.15 au Théâtre de Calais - 16.10.15 au Théâtre de Fontainebleau - 03.11.15 et 04.11.15 au Théâtre du Beauvais ...


Il ne faut jurer de rien

les mauvaises têtes n’ont pas toujours les plus mauvais coeurs

Comment dénoncer ce qu’on a adoré ? Comment ne plus être ce que l’on était ? Musset était romantique, il ne l’est plus. Musset croyait en l’amour, il se découvre trompé. Musset était confiant, il n’est plus que doutes.
C’est un Musset blessé qui écrit à trois reprises cette pièce qui a connu 1836, 1848 et 1853. C’est une histoire qui va de Louis-Philippe à Napoléon III, en passant par la Révolution de Février. Trois Musset en un. Mais la question fondatrice est toujours la même : « À quoi rêvent les jeunes filles ? » La réponse, au bout du compte,
à bout de course, est : « Au pouvoir. »

La pièce est construite comme un plan de bataille dont les généraux sont femmes. Au soir du combat il y a mort d’homme, et le jeune adversaire est vaincu sur le champ qu’il s’était lui-même choisi, le champ du romantique. Mais les armes ne sont pas l’antique honnêteté féminine ni la naïveté juvénile. Ce sont celles de la stratégie amoureuse moderne. On ne parle que de « batterie pointée » et de « glorieuse campagne. » C’est de guet-apens dont il s’agit.
C’est l’échec d’un mode de séduction que Musset envoie ad patres : le cynisme de commande. Valentin se dit impitoyable ; il se découvre souffrant. Il se croit roué ; il n’est que dandy. Il se veut blasé ; il s’éprouve candide. La rouerie est chez Cécile, et aussi l’imparable lucidité de celle qui sape avec délices, amour et orgues.
La rouerie de Musset, elle, est de faire évoluer ses personnages dans les lieux de l’intime pour mieux faire résonner en ces lieux mêmes les mouvements lointains des désordres sociaux. Avec comme pivots un oncle hollandais contorsionniste et une future belle-mère aristocrate catcheuse.
Il y aura un prix à payer, le prix de toute transgression sociale : un mariage. Et c’est le neveu du négociant à l’âme noble qui se vendra à la bourgeoise jeune baronne. Il ne faut jurer de rien, et encore moins des femmes.

Musset, à chaque fois, rédige à la hâte une nouvelle pièce qui toujours décrit la précipitation, sa cause et ses effets. Ainsi ira mon choix entre les différentes versions de la pièce : voler à la hâte ce qui m’arrange et me dérange. Car c’est une course- poursuite avec arrivées tumultueuses, brusques sorties, départs accélérés, chasses à l’homme et disparitions fugitives. Il faudra travailler sur ce mouvement perpétuel et cette torsion de la cohérence qui troublait tant Sainte-Beuve. Il est vrai que Musset se fout de la vraisem- blance, a un faible pour l’ellipse et ne s’encombre pas des modes. Bref, il prépare le chemin à Büchner. L’esprit se construit systématiquement contre l’opinion.
Ce Musset-là, c’est le mal d’être et le plaisir de vivre.

Yves Beaunesne

texte Alfred de Musset
mise en scène Yves Beaunesne
scénographie Laurent Peduzzi
costumes Cidalia Da Costa
lumières Dominique Bruguière
chorégraphie et geste Claudio Bernardo
création sonore Christophe Séchet
production Compagnie des Petites Heures, Théâtre Vidy Lausanne ETE, Carré St Vincent-Scène Nationale d’Orléans

équipe de reprise :
adaptation Marion Bernède et Yves Beaunesne
assistante à la mise en scène Marie Clavaguera Pratx
stagiaires assistants Jérémie Velghe, Pauline Buffet
construction décor MCB-L’Atelier
lumières Baptiste Bussy
chanson Camille Rocailleux
son Olivier Pot
costumière Françoise Von Thienen / stagiaire costume : Ophélie Garcia
chorégraphie et geste Claudio Bernardo
escrime Michelangelo Marchese
coiffures et maquillages Catherine Bénard
régisseur Louis-Philippe Duquesne / Stagiaires : Adrien Bel et Martin Celis
remerciements à Isabelle Fontaine et au Théâtre Le Varia, Le Rideau

distribution

Florence Crick La Baronne
Fabian Finkels Valentin
Olivier Massart Van Buck
Olivia Smets Cécile
Alexandre von Sivers L’Abbé

production
Théâtre Le Public / La Comédie Poitou- Charentes/Centre dramatique national, avec le soutien de la Drac Poitou-Charentes, de la Région Poitou-Charentes et de la Ville de Poitiers.
avec la participation artistique du Centre des Arts Scéniques

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