Plaquette de saison 2017-2018
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créations

Goldoni

partout l’homme tranquille vient à bout de se faire aimer

Venise, 1721, une nuit de Carnaval. La fête bat son plein mais le jeune Carlo Goldoni, 14 ans, est à l’écart. Il fixe les eaux sombres du canal. Une question le taraude : « La vie vaut-elle la peine d’être vécue ? ». C’est alors que trois ombres masquées tout droit sorties de la fête lui montrent un étrange jeu de cartes, celui de sa vie. Mais la nuit est courte, pas le temps de voir toutes les cartes. Seule la moitié du jeu lui sera dévoilée. Quelles cartes choisir alors ? C’est là que le public va entrer dans la danse. Les spectateurs, se substituant au destin, piocheront les scènes de la vie de Goldoni qui seront jouées dans la foulée par les acteurs. À chaque représentation, un spectacle différent donc, un moment unique. Parce que chaque vie l’est.

Cette saison, la Comédie Poitou-Charentes propose à son jeune public le deuxième opus d’un cycle de pièces courtes autour des grandes heures de l’histoire du théâtre. Dans ce texte de Laure Bonnet, mis en scène par Thomas Condemine, c’est le théâtre de Carlo Goldoni qui est à l’honneur. On le sait aujourd’hui, l’auteur de La locandiera a été un précurseur. Plus de trente ans avant la révolution française, dans ce XVIIIe siècle où les femmes, les ouvriers et les domestiques ne sont pas politiquement représentés, l’auteur vénitien leur donne un moyen d’expression dans ses pièces de théâtre. Pour rendre compte des réalités de son temps, il n’hésite pas à opérer une véritable révolution des codes théâtraux : il va notamment écrire pour des acteurs sans masque, s’éloignant ainsi des canevas centenaires de la commedia dell’arte. Mais le plus surprenant c’est que Goldoni n’a rien d’un révolutionnaire.
Il est bon vivant, joueur invétéré, homme à femmes, et si on l’en croit, piètre versificateur, juste bon à écrire des comédies en prose sur fond de carnaval... Comment cet être qui semble guidé par le plaisir de l’instant a-t-il pu insuffler dans son œuvre une telle fièvre de chan- gement ? C’est comme si tout était arrivé par jeu... mais est-ce vraiment le cas ? Pour tenter d’y voir plus clair, c’est justement sur le jeu que Laure Bonnet a construit la mécanique étrange de sa pièce.

texte de Laure Bonnet
mise en scène Thomas Condemine
distribution Marion Berthier, Arnaud Frémont, Véronique Hervouët, Pier Porcheron régie Baptiste Bussy
production Comédie Poitou-Charentes, Centre dramatique national
avec le soutien de la Drac Poitou-Charentes, de la Région Poitou-Charentes, de la Ville de Poitiers

crédits photo : Thierry Fratissier

"Cycle sur l’histoire du théâtre"

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